Le coefficient de réduction-majoration (CRM) diminue de 5 % par année sans sinistre responsable. Sur le papier, la réponse est simple. En pratique, la baisse réelle de la cotisation d’assurance auto dépend d’un écart croissant entre ce bonus mécanique et l’évolution du tarif de référence appliqué par l’assureur. Nous détaillons ici les mécanismes qui expliquent pourquoi votre prime peut stagner, voire augmenter, malgré un bonus en progression.
Calcul du coefficient de réduction-majoration : la mécanique des 5 %
Le CRM fonctionne par multiplication, pas par soustraction. À chaque échéance annuelle sans sinistre responsable, le coefficient en vigueur est multiplié par 0,95.
La nuance change tout en pratique. Un conducteur qui part d’un coefficient 1 gagne 0,05 point la première année (passage à 0,95). Un conducteur déjà positionné à 0,60 ne récupère que 0,03 point (passage à 0,57). Plus le bonus est élevé, plus la baisse annuelle en valeur absolue se réduit.
Progression du bonus sur treize ans
| Année sans sinistre | Coefficient | Réduction cumulée sur la prime de référence |
|---|---|---|
| Souscription | 1,00 | 0 % |
| 1 | 0,95 | 5 % |
| 2 | 0,90 | 10 % |
| 3 | 0,85 | 15 % |
| 5 | 0,76 | 24 % |
| 8 | 0,64 | 36 % |
| 10 | 0,57 | 43 % |
| 13 | 0,50 | 50 % |
Le plancher réglementaire est fixé à 0,50. Treize années consécutives sans sinistre responsable sont nécessaires pour l’atteindre. Un conducteur au bonus 0,50 depuis au moins trois ans conserve son coefficient même après un premier accident responsable.

Prime de référence et tarif réel : pourquoi le bonus ne suffit pas à faire baisser la cotisation
Le CRM s’applique à la prime de référence, pas au montant final de la cotisation. Cette prime de référence est recalculée chaque année par l’assureur selon des variables totalement indépendantes de votre conduite.
Selon France Assureurs (chiffres relayés par Meilleurtaux en septembre 2026), la cotisation moyenne d’un véhicule de première catégorie a progressé de 6,5 % en 2025, pour atteindre 511 € HT. Un conducteur qui gagnait 5 % de bonus sur la même période voyait son avantage annulé, et même inversé.
Coût des réparations : le facteur structurel
L’Observatoire des sinistres de collision automobile du SRA relève une hausse de 29,9 % du coût moyen des réparations entre 2021 et 2025. Capteurs, caméras embarquées, optiques LED, blocs de climatisation intégrés aux pare-chocs : la technicité croissante des véhicules récents fait grimper les factures d’atelier de manière continue.
Les assureurs intègrent cette inflation dans la prime de référence. Votre cotisation peut donc rester stable ou augmenter d’une année sur l’autre, même sans aucun sinistre responsable.
Autres leviers de hausse indépendants du CRM
- Les taxes et contributions (taxe sur les conventions d’assurance, contribution au Fonds de garantie) évoluent par décision réglementaire et viennent s’ajouter au tarif technique.
- La sinistralité globale du portefeuille de l’assureur influence directement le niveau de la prime de référence : davantage d’indemnisations versées entraîne un relèvement collectif.
- La politique commerciale peut introduire un lissage tarifaire la première année pour attirer un client, suivi d’une remontée de la prime de référence les années suivantes, sans lien avec le bonus acquis.
Facts & Figures prévoyait en septembre 2026 une hausse de 3 à 4 % des primes automobiles en 2027. Nous observons donc un contexte durable où le bonus annuel compense rarement la hausse de la prime de référence.
Surprime jeune conducteur : un calendrier de baisse distinct du CRM
La surprime appliquée aux conducteurs novices obéit à un mécanisme séparé du bonus-malus. Elle diminue progressivement au fil des années sans sinistre responsable, jusqu’à disparaître.

Diminution de la surprime année par année
Chaque année sans sinistre responsable réduit la surprime. Ce mécanisme se cumule avec le CRM : un jeune conducteur sans sinistre voit à la fois sa surprime fondre et son coefficient passer à 0,85 après trois ans.
La baisse perçue est nettement plus forte les premières années que pour un conducteur expérimenté déjà proche du bonus maximal. L’effet combiné des deux mécanismes produit une réduction sensible de la cotisation que le seul CRM ne peut reproduire par la suite.
Conduite accompagnée : un avantage tarifaire immédiat
Les conducteurs ayant suivi l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) bénéficient d’une surprime réduite dès la souscription. L’économie perdure les années suivantes, puisque la base de calcul reste plus basse dès le départ.
Écart entre baisse théorique et baisse réelle : fourchettes concrètes
Prenons un conducteur au coefficient 1,00 avec une cotisation initiale de 511 € HT (moyenne 2025). Son gain théorique lié au bonus la première année atteint environ 25 €. Si la prime de référence augmente de 6,5 % sur la même période, la hausse représente environ 33 €. Solde net : une dizaine d’euros de plus malgré le bonus.
Pour un conducteur au coefficient 0,76 (cinq ans sans sinistre), le gain annuel du CRM en valeur absolue se réduit encore. La cotisation ne baisse effectivement que si la hausse décidée par l’assureur reste inférieure à ce gain, ce qui est devenu rare.
Quand la cotisation baisse-t-elle réellement ?
- Lorsque la hausse de la prime de référence reste inférieure au gain du CRM (scénario peu fréquent depuis 2022).
- Lors du passage d’une surprime jeune conducteur à un tarif standard, qui produit une baisse mécanique forte les premières années.
- Après un changement d’assureur à l’échéance : la mise en concurrence permet souvent de capter une baisse que le bonus seul ne génère plus.
- Suite à un changement de véhicule vers un modèle moins puissant ou mieux classé en sinistralité par le SRA.

Piège du relevé d’information et continuité du bonus
Le relevé d’information atteste de votre CRM auprès d’un nouvel assureur. Sans ce document, vous repartez au coefficient 1,00. Tout l’historique de bonus est effacé.
Nous recommandons de demander le relevé d’information avant même d’engager la résiliation. Vérifiez que le coefficient inscrit correspond bien à votre historique. Les erreurs existent, notamment après un sinistre partiellement responsable ou un changement de véhicule en cours d’année.
Interruption d’assurance et perte du bonus
Une interruption de couverture supérieure à trois mois entraîne la remise à zéro du CRM. Le bonus accumulé sur plusieurs années peut disparaître en quelques mois si le véhicule reste non assuré, par exemple lors d’une vente sans rachat immédiat.
Pour préserver le coefficient, il suffit de maintenir un contrat actif, même sur un véhicule peu utilisé.
Hausse des primes auto en 2027 : ce que les prévisions annoncent
Les projections de Facts & Figures publiées en septembre 2026 situent la hausse attendue entre 3 et 4 % pour 2027. Cette tendance résulte de la conjonction entre la hausse du coût des réparations, l’augmentation de la fréquence des événements climatiques (grêle, inondations) et la revalorisation des indemnités corporelles.
La seule action efficace pour réduire votre cotisation dans ce contexte reste la mise en concurrence à chaque échéance. Le bonus-malus constitue un droit acquis et transférable : il vous suit chez n’importe quel assureur. Comparer les offres permet de combiner votre CRM avec un tarif de base plus compétitif.
Le formulaire ci-dessous vous permet de recevoir gratuitement des propositions adaptées à votre profil. Remplissez-le pour être rappelé par un professionnel qui analysera votre relevé d’information et identifiera les leviers de baisse disponibles sur votre contrat.

